Témoignages


L’essayer, c’est l’adopter !


A ce jour, des centaines d’enseignants, toutes disciplines confondues,
l’ont mis en œuvre dans leurs classes, avec toujours le même vécu :

 

Un dynamisme retrouvé ,
Un moral boosté,
Des enfants motivés et tous au travail,
Des enfants « décrocheurs » remis en route,
Des classes actives,
Des résultats améliorés.


Bonjour Marie!

Je suis en lycée à l'ile de la Réunion.Nous avons donc repris les cours depuis mi août.
J'avais déjà commencé à travailler en ilots depuis quelques années mais il me manquait cet aspect "bonifié";
J'ai complexifié un peu la fiche de marques pour les lycéens et ça fonctionne du tonnerre!
Merci Marie! Je commence déjà à faire quelques émules parmi les collègues et notre inspectrice s'est montrée très enthousiaste. Elle viendra observer quand ce sera rodé.
Je vais visionner ce que vous nous envoyez, même si je pense que c'est bien aussi que chacun adapte comme il le sent.
Bonne fin de vacances en métropole.
Cordialement.
Isabel, enseignant l'espagnol en lycée (août 2016).


Après moult hésitations et tergiversations jusqu'à la veille de la rentrée de septembre dernier (j'y vais? j'y vais pas?), je me suis donc lancé dans l'aventure des îlots bonifiés et autant le dire tout de suite, je ne le regrette absolument pas ! Mais commençons par le commencement…

La lecture du livre de Marie Rivoire, bien sûr, au printemps 2015 mais aussi les témoignages glanés sur ce même forum. Ayant appliqué tous les principes de l'ouvrage de Marie sauf en ce qui concerne l'ardoise et les points de participation (ma matière, les mathématiques, s'y prêtant à mon avis moins que d'autres, notamment les langues), je ne reviendrai pas sur ceux-ci et je me contenterai d'inciter toutes celles et tous ceux qui ne l'ont pas lu à combler au plus vite cette fâcheuse lacune!

Mise en place du travail au long de l'année :

J'ai présenté le dispositif à mes classes dès le premier contact avec elles. J'ai utilisé pour cela un diaporama adapté de ceux fournis par plusieurs collègues que j'en profite pour remercier chaleureusement. A mon tour, je me ferai un plaisir de communiquer ma propre version, ainsi que mon modèle de fiche de comptage des points, à toutes celles et ceux qui m'en feront la demande (contacter le site Cet adresse mail est protégé contre les spambots. Vous avez d'activer le javascript pour la visualiser. ).

Ma principale innovation a été, au bout d'un certain temps, de récompenser ou de sanctionner par des points verts ou rouges individuels le fait de faire correctement ou non le travail à la maison et d'avoir ou non son matériel. En effet, il m'avait semblé injuste de pénaliser le reste du groupe quand l'un ou l'autre de ses membres manquait de sérieux (mais j'y reviendrai plus loin en abordant les améliorations que je compte apporter pour l'an prochain)

J'ai également expérimenté ce que j'ai appelé les « interrogations en groupe » : en début de séance, chaque élève inscrit individuellement la définition ou propriété ou … qui était à apprendre puis ils se mettent d'accord au sein du groupe pour rectifier éventuellement certaines formulations. Les fiches individuelles sont ensuite déposées, face cachées au centre de la table, j'en prends une au hasard pour attribuer suivant les cas de 1 à 3 points rouges. Les élèves aiment beaucoup.

Autre innovation (en tous cas, cela ne figure pas dans le livre) : l'affichage au tableau en temps réel de points verts collectifs récompensant la mise au travail et le sérieux du groupe au cours de la séance. Et comme il faut varier les plaisirs pour ne pas lasser, parfois les points étaient à gagner (chaque groupe partant donc de zéro), parfois ils étaient affichés d'entrée (en général 2 points verts d'emblée) à charge pour chaque groupe d'adopter une attitude permettant leur maintien.

Qu'ai-je bonifié outre l'apprentissage des leçons et le sérieux au sens large ? Essentiellement des travaux de recherche en classe (chacun cherche individuellement puis échange avec ses camarades et quand tout le monde est au point, je prends un cahier au hasard dans le groupe) ou des mises en commun de travaux faits à la maison lorsque cela s'y prêtait. En effet pour ces derniers, je me suis rendu compte que cela pouvait être particulièrement chronophage pour un bénéfice final souvent modeste et je suis rapidement revenu à une correction collective après tout de même un temps de vérification au sein du groupe.

En ce qui concerne le nombre de notes, suivant les classes, cela est allé de 3 à 5 notes par trimestre, coefficient 0,25 avec à chaque fois une moyenne de classe comprise grosso modo entre 14 et 17. Alors oui, cela peut relever nettement certaines moyennes mais après tout si cela reflète un état d'esprit face au travail pourquoi pas ? Et puis, de nos jours, l'influence des notes sur le cursus des élèves, mis à part en 3e (et encore!)… mais je m'égare!

Avantages de la méthode :
NB : Certains des points qui suivent ont été soulignés par les élèves lors d'un petit sondage effectué en fin d'année.

Pour chaque élève :

  • Raccrocher les « décrocheurs » (au moins pour un temps!), rassurer les timides et les réservés : les réponses qu'ils sont amenés à donner étant validées par le reste du groupe.
  • Favoriser l'esprit d'initiative et l'autonomie des élèves.
  • Responsabiliser les élèves. La réussite du groupe dépendant de l'investissement de chacun de ses membres
  • Les exigences (de formulation notamment) peuvent être davantage adaptées au niveau des élèves car les corrections se font de manière plus individualisées. Les corrections globales aux tableau devenant l'exception.
  • Donner l'occasion aux élèves les plus à l'aise d'épauler leurs camarades. Le bénéfice pour eux étant de savoir passer du « comprendre » au « savoir expliquer » et donc de développer la précision de leur expression orale.

Dans la relation entre élèves :

  • Développer l’esprit de solidarité et d'entraide, valeurs civiques et citoyennes s'il en est!
  • Apprendre à argumenter, s'écouter mutuellement, accepter la contradiction …

Dans la relation prof/élèves :

  • Multiplier par 4 les moments d'échange puisqu'on s'adresse désormais à un groupe et plus à un individu.
  • La relation « frontale » devient exceptionnelle et est limitée au moments de cours magistraux et quelques corrections détaillées toujours nécessaires.
  • Le professeur circule plus et mieux dans la salle. Il est moins celui qui dirige et plus celui qui guide, qui aide et qui conseille.
  • Adhésion des élèves à un système qui, visiblement, les motive : plus de 90 % d'entre-eux déclarent, sous couvert d'anonymat, préférer cette disposition à une disposition « traditionnelle ». Cela dit, l'effet « nouveauté » est peut-être aussi à prendre en compte, on verra dans un ou deux ans si je retrouve certains de ces élèves…

Inconvénients de la méthode :

  • Plus de bruit.
  • Plus de tentations de bavardages ou de taquinerie (ouh là là qu'il est tentant de piquer la trousse d'en face ou de dessiner sur le cahier d'à côté pendant que le prof est à l'autre bout de la salle!)
    Des groupes beaucoup plus performants que d'autres qui arrivaient systématiquement aux 20 points verts les premiers Le système de constitution des groupes par cooptation des élèves et leur renouvellement à chaque fois qu'un groupe atteint les 20 points verts : certains élèves restaient systématiquement « sur le carreau » une fois les groupes constitués et se retrouvaient à former un groupe forcément bancal. Il faut dire que les groupes avaient tendance à se constituer dans le couloir, juste au moment d'entrer dans la salle... Par ailleurs, dans une classe de 4e, une « association de malfaiteurs » qui fut bien difficile à gérer …

Améliorations envisagées pour l'an prochain :
NB : certaines d'entre-elles, suggérées par les élèves itou!

  • Ne commencer les îlots que deux semaines après la rentrée, le temps d'observer la classe et de connaître un minimum les élèves.
  • Demander à ce que la composition des groupes me soit soumise à l'avance et par écrit de manière à pouvoir donner mon aval et inclure les élèves sans groupe plus en douceur.
  • Ne plus permettre le changement des groupes à chaque fois que l'un d'eux atteint les 20 points verts mais seulement toutes les 3 notes dans les mêmes conditions qu'en début d'année. Ceci aura en outre l'avantage de pouvoir enchaîner sur la note suivante en cours de séance dès qu'un groupe aura atteint les 20 points verts.
  • Revenir à un comptage de points verts collectifs pour ce qui est du travail fait à la maison (indépendamment de la justesse des résultats), de la présence du matériel et même de la tenue des cahiers (ce dernier point ayant été totalement négligé, je l'avoue). En effet, moi qui ne voulais pas pénaliser les élèves sérieux (voir plus haut), je me suis retrouvé « piégé » par les autres qui du coup n'étaient plus retenus par le scrupule de pénaliser le reste du groupe faisant ainsi voler en éclat le principe de de solidarité qui est, à mon sens, un pilier essentiel de la méthode.
  • Être plus sévère concernant les bavardages. J'ai crû naïvement que l'absence de points verts ou l'attribution de points rouges individuels et/ou collectifs permettraient d'enrayer ce fléau mais cela n'a qu'un effet limité sur certains. Il me faudra donc sans doute ouvrir un peu plus souvent la boîte à punitions …

Voilà le bilan succinct de mon expérience des îlots bonifiés. J'en oublie sans doute, l'aventure continue !

Loïc Anglaret, enseignant mathématiques au collège depuis 28 ans (août 2016).

 


 

Je viens - littéralement - de dévorer votre livre sur la pédagogie des îlots ! Bravo et un très très grand merci. J'y ai trouvé plein d'astuces et de réponses aux problèmes rencontrés l'an passé pour mettre le système en place. Je savais qu'il serait efficace mais je n'étais pas tout à fait satisfaite de ce que j'avais mis en place.
Me revoilà armée et pleine d'énergie pour cette nouvelle année. En 30 ans d'enseignement, j'en ai essayé des "systèmes", et je ne l'ai jamais regretté (même ceux qui n'ont pas fonctionné!) ; ça évite de s'engluer dans un train-train monotone qui finirait par ennuyer les élèves, surtout dans notre tout petit collège (moins de 200 élèves).

Bien cordialement,
Gisèle, professeure anglais Brest (août 2016).


Je viens enfin vers vous pour vous remercier de tout ce que vous avez, sans le savoir, enclenché dans mon enseignement. J'ai été affectée il y a 5 ans dans un établissement Rep. Face à ce public,  j'ai retrouvé les motivations qui m'avaient fait embrasser ce métier. Je m'y suis aussi sentie en danger pédagogique.

J'ai alors entrepris une quête d'outils pour me permettre de répondre aux diverses problématiques qui se jouent dans une classe. Le premier que j'adoptai alors fut les îlots bonifiés. Le cadre et repositionnement opérés grâce à votre dispositif m'ont permis d'en ajouter d'autres encore. Du fond du cœur merci !

J'ai écrit un livre pour raconter mon parcours et cheminement afin d'inviter le plus grand nombre d'entre nous à sortir du cadre que l'on s'impose trop souvent. Je vous cite évidemment. D'ailleurs dans mon entourage professionnel on me nomme "la grande prêtresse des îlots" tant je vous défends. Merci vraiment pour ce travail et tout ce qu'il peut enclencher chez chacun d'entre nous. Si certains déplorent l' « effet carotte » de la bonification, c'est qu'ils ne sont sans doute pas allés assez loin dans l'expérimentation.

J'observe en effet que mes classes, de la 6ème à la 3ème, depuis près de cinq ans, dépassent cette motivation première. En fin d'année, mes élèves continuent de « jouer le jeu » et réclament leurs points alors même que les notes n'entrent plus en compte. Plus que la note, le point vert illustre le regard positif du professeur, il valide un comportement face au travail récompensé. C'est ça que les élèves perçoivent implicitement. On passe donc à une autre motivation. Cette première « carotte » leur permet d'accéder à une motivation plus riche : la satisfaction ressentie après l'effort fourni. Évidemment que cela ne se joue pas en quelques séances ni quelques mois. Pour le niveau 3ème, cette bascule s'opère au bout d'un trimestre généralement. Pour les plus jeunes, c'est un peu plus long mais ça vient aussi.

Il faut dire que de passer en îlots bonifiés remet tout le fonctionnement traditionnel, qui leur est habituel, en question. Il s'agit presque d'une ré-éducation. Il est incontestable que pour parvenir à des résultats, il est nécessaire de respecter le règlement point par point sans s'affranchir de certaines règles. Tout cela demande une extrême rigueur au professeur qui ne l'accepte pas toujours. Les îlots bonifiés n'y sont plus pour grand chose... Si ce dispositif permet aux élèves de progresser, il opère de même chez l'enseignant qui, déchargé des punitions, heures de retenue, mots dans le carnet etc..., se repositionne au sein de sa classe. Le rapport frontal et souvent conflictuel dépassé, il est libre de continuer sa quête d'outils pédagogiques. Les îlots ne sont pas une finalité mais un dispositif à combiner avec d'autres afin de répondre au mieux aux missions qui sont les nôtres. Un grand merci et une immense reconnaissance !


Audrey Chapelain, professeure certifiée de Lettres Classiques (mai 2016).


Je tiens à vous remercier pour le partage des groupes bonifiés.
J'ai mis en place cette pédagogie en SVT.
J'ai constaté très rapidement :
- une baisse du niveau sonore
- l'implication de tous les élèves dans le travail de groupe, les élèves qui avant ne faisait rien, travaillent avec des niveaux d'implication différents mais ils essayent enfin !!!!

Je vous remercie encore.
Cordialement
Pascale Armand  (septembre 2015).


Après lecture de votre ouvrage en juin dernier, sur les conseils de mon compagnon également enseignant, de breton, me voici à tester votre outil de "bonification" dans divers profils de classes depuis septembre. Un succès ! Totalement complémentaire des méthodes que j'avais mises en place depuis le début de ma carrière (voilà 11-12 ans), j'y ai trouvé - je l'espère ! - de quoi aboutir davantage mes démarches auprès des élèves. L'année démarre du moins sous de bons auspices, et je vous en remercie d'avance !

Je ne fais que parler de ce système autour de moi (collègues enseignants de toutes disciplines), notamment dans l'un des établissements où je travaille avec des enfants aux profils complexes (dys-, autismes, problèmes de comportements divers, casiers judiciaires pour certains ...) et souhaite faire des adeptes à mon tour !

Merci encore pour ce travail de partage. Je mets d'ores et déjà votre site dans mes favoris.
Bien cordialement,

Ann Mancec (septembre 2015).


Bonjour Marie,

Je voulais vous remercier pour votre méthode des ilôts bonifiés que je pratique depuis la rentrée de janvier (après des vacances de plusieurs semaines à l'île de la Réunion).

Les élèves de sixième sont tout de suite entrés dans le jeu! Forte de ce succès, j'ai rapidement étendu la méthode à mes cinquièmes, qui se sont littéralement réveillés au niveau participation orale (merci les ardoises!).

Je l'ai étendue ensuite à mes quatrièmes pour le dernier trimestre, toujours le même enthousiasme!

Les élèves font des remontées auprès de l'administration et de leurs parents, tout le monde est ravi.

J'ai une feuille patafixée sur mon bureau afin de suivre les comptes, j'évite ainsi les fraudes. Lorsque la classe change, je n'ai plus qu'à changer de feuille et de fiches, bien sûr. Les ardoises, le feutre et le petit tissu pour essuyer restent à demeure sur les tables.

Seul bémol: un enthousiasme parfois débordant lors des activités de défi! je dois alors promettre 2 points bonus à la table la plus calme pour retrouver une ambiance de travail.

Bref, merci encore! J'ai dernièrement encouragé une amie qui avait acheté le livre mais avait peur de se lancer. J'espère qu'elle sera ravie elle aussi! ..."


Séverine Bourjea, professeure d'Anglais (avril 2015).


Bonjour
Je prends le temps de vous envoyer ces quelques mots pour vous remercier de ce partage de pratiques pédagogiques. J'ai découvert votre livre l'année dernière et je l'ai lu avec beaucoup d'enthousiasme. J'ai appliqué votre méthode et depuis cette année toutes mes classes sont en îlots. Résultat : un renouvellement dynamique de pratiques, une nouvelle énergie qui circule dans la classe, une approche positive de l'élève valeureux telle que je la conçois. Tout cela a aussi convaincu plusieurs de mes collègues qui s'y mettent petit à petit. Nous sommes en REP + cette année et c'est avec bonheur que je travaille autrement grâce à votre livre. Alors....
....Quelque part dans l'Océan Indien, à l'île de la Réunion, bercés par les flamboyants du collège de Cambuston, les îlots bonifiés ont le vent en poupe!
Bien cordialement,


Diana Léocadi (octobre 2014).


Un petit mail un an après notre formation avec une collègue; nous étions venues à la formation que vous aviez faite à Lyon en mai ou juin dernier.

Un an après... nous avons testé, aimé, mis en place les îlots dans une classe pilote de 3è pour toutes les matières. C'est un succès, et auprès des enseignants et auprès des élèves. Les profs d'anglais et de français de 4è europe le font dans leur classe. J'ai discuté avec la direction qui pense au fait d'instituer les îlots toutes matières comme une "obligation" en 4è et 3è europe au moins, classes où les effectifs sont nombreux (34 élèves !) et où votre pédagogie nous permet de faire progresser les élèves et d'éviter la compétition et le mauvais esprit qui peut régner dans ces classes ultra compétitives. D'autres enseignants (en HG notamment) sont intéressés. J'ai essayé d'insister sur le fait que le s classes plus faibles gagneraient aussi à être en ilots; pour le moment ça a été testé par mes collègues de langue, mais pas toutes matières confondues.

Quant à moi, je pars à priori sur Aix en Provence; j'ai indiqué dans ma lettre de motivation que j'avais été moteur pour mettre en pratique votre pédagogie en ilot dans la classe de 3è, et 3 des 4 directeurs que j'ai rencontrés se sont montrés très intéressés par ce système.

 

Bref... Merci, et bravo encore !
Adeline Bonnaud-Delamare.

Témoignage de M.KOSMA, professeur des écoles :

Pédagogie de groupes en classe de cycle 3 à l'école de Bizonnes.

Le public est constitué de 25 à 30 élèves, de niveau souvent hétérogène, soit du fait de la répartition de la classe entre CE2, CM1, CM2, soit du fait d'échanges entre classes, ou tout simplement parce que les élèves ne sont pas tous au même niveau scolaire dans une classe de même niveau d'âge.

L'intérêt d'un réel travail en groupe dans ce genre de configuration n'est pas le propos. Il s'agit plus de mettre en place un fonctionnement qui permette à chacun de travailler effectivement, et le travail en îlots répond à cet impératif.

Le système est particulièrement simple et efficace. Chaque travail est découpé en une série de tâches proposées à chaque groupe. La rapidité, le sérieux et le soin du travail rendu seront des éléments complémentaires à la pertinence des réponses proposées par le groupe pour l'obtention de points qui cumulés fourniront une note de groupe pour chacun des élèves. Une certaine émulation pourra être entretenue entre les groupes en fixant des impératifs de temps ou en ne prenant que les trois premières réponses correctes, en bloquant la note lorsque un groupe atteint un palier...

Une grande liberté est ainsi offerte à l'enseignant pour dynamiser le travail en groupe.

Pour mieux comprendre ce fonctionnement, je vais donner ici des exemples de tâches réalisées dans un travail en histoire, à destination d'élèves de CM2 et CE2 :

  • L'étude de documents iconographiques où les élèves doivent repérer en un temps donné les éléments importants de l'image et écrire un petit texte les mettant en valeur.
  • L'étude de texte où les points importants seront trouvés par la lecture.
  • Le travail sur fiche de travail « standard » réalisé par le groupe entier et qui sera corrigé par l'enseignant qui prendra une des fiches du groupes au hasard.
  • Le questionnement « à la volée » des différents groupes sur un des éléments vus, lus, discutés, disponibles dont la réponse sera écrite sur une ardoise pour chaque groupe.

L'utilisation de ce mode de fonctionnement ouvre un large champ d'activités pour l'enseignant et s'applique effectivement pour différentes disciplines.

Je l'ai pour ma part utilisé en histoire, géographie, sciences, maths, production d'écrits...

Cette possibilité de valorisation constante des recherches proposées permet de créer des situations dynamiques où chaque élève peut être acteur, et où chacun des membres du groupe cherche à ce que son propre groupe fonctionne au mieux, soit par émulation vis à vis des autres équipes, soit par souci  d'obtenir une bonne note de groupe. Un système de sanction, individuelle ou collective, peut aussi être mis en place. Cependant, dès lors que le fonctionnement est intégré, les sanctions se révèlent exceptionnelles.


Témoignage de  Jean-Jacques CALLIET,  enseignant en Mathématiques depuis 31 ans :

Depuis le début de cette année, j’étais à la recherche de nouvelles pratiques pour renouveler un peu mon enseignement qui ne me satisfaisait pas entièrement et qui ne semblait pas être très enthousiasmant pour les élèves. J’ai eu notamment cette année une classe de troisième avec un nombre important d’élèves en difficulté et en refus de l’apprentissage. C’est principalement pour cette classe que j’étais en recherche de nouveauté. J’avais déjà pratiqué dans le passé le travail en petits groupes, mais je n’avais pas poursuivi longtemps l’expérience car je trouvais que la gestion était assez difficile et chronophage. Un peu avant les vacances de Toussaint, je suis tombé par hasard sur le site de Marie Rivoire et j’ai été immédiatement captivé par la façon dont elle racontait son expérience et par le système de bonification qui semblait être le moteur de la réussite de celle-ci.
J’ai donc décidé de mettre en place la méthode à la rentrée des vacances. Je pensais au départ n’appliquer la méthode que dans la classe de troisième récalcitrante, mais j’ai pensé tout de suite que la gestion de tables serait difficile. Et puis, pourquoi ne pas faire  bénéficier tous mes élèves du même système ?
... (document en téléchargement libre accès)


Professeure en Lettres-Histoire, en Lycée Professionnel, je pratique depuis quelques mois le travail en îlots en classe dédoublée (environ 15 élèves) en Histoire-Géographie. J’alterne cette pédagogie avec du cours « en autobus » à 30, en raison des exigences des nouveaux programmes, à savoir la transmission plus importante de connaissances par la parole du professeur. Et le fait est qu’il y a des éléments de connaissances nécessaires à l’étude critique de documents.

J’ai dans ces matières des classes de 1ère et Terminale Bac Pro 3 ans, à raison d’une heure classe entière et une heure dédoublée par semaine. C’est peu et il faut travailler vite.

On peut faire semblant en cours dialogué, en faisant soi-même les questions et les réponses devant des élèves dépassés et décrochés. On peut aussi travailler en îlots !

Pour ma part j’ai systématisé mes façons de faire : les élèves s’y retrouvent et je ne perds pas de temps à expliquer des démarches variées parfois incomprises… et qui donnent prise à des élèves qui parfois veulent jouer la montre pour ne pas travailler.

Je procède donc comme suit .. . (document en téléchargement libre accès)


Premières impressions ...
Et bien je ne regrette pas d'avoir adopté votre système d'îlots. Bien sûr, je tâtonne un peu mais les élèves m'aident en fait car rien ne leur échappe!
Ils participent, se sentent rassurés par le petit groupe.
J'ai deux 5èmes qui adorent, trois 4èmes qui jouent bien le jeu (dommage qu'ils soient 29 car ça fait un îlot de trop). Les 3èmes sont 25, ce qui est bien, mais ce sont eux les plus déroutés. Normal ! ils démarrent en fin de course mais ça va venir.

Une chose est sûre c'est que ça booste la participation.
En tout cas, ne plus avoir cette "masse" d'élèves en frontal donne l'impression de respirer dans la classe. On a tous plus d'espace, surtout que j'ai une petite salle.
A suivre donc, je n'ai qu'une envie, poursuivre!
Merci :-)

Virginie Berger, professeure d'anglais.


"Pour apprécier la méthode MR, il est important d'en bien comprendre la philosophie afin de se l'approprier pour l'appliquer avec satisfaction. Ce qui est « porteur» pour moi, c'est de pouvoir la moduler, l'adapter selon les besoins et les situations. En effet depuis 3 ans, je ne cesse d'inventer de nouvelles gammes d'exercices et d'affiner les modalités de fonctionnement. Une nouvelle dynamique s'est recréée dans ma conduite de cours et par la même, plus d'enthousiasme. A cela s'est rajouté le plaisir de travailler avec des collègues et d'échanger sur nos pratiques  pédagogiques.
Le travail en îlots a dynamisé mes cours en favorisant et en diversifiant l'ACTIVITE des élèves en cours. A noter aussi un changement du regard des élèves les uns par rapport aux autres : une émulation plus qu'une compétition, une considération de chacun en fonction de ses capacités. Le point incontournable, c'est de toujours communiquer les règles du « jeu » (les attentes) aux élèves. Ainsi la plupart d'entre eux prennent conscience de leur «mission d'élève» et s'impliquent davantage en tant que partenaires et acteurs de leur réussite : c'est ce qui contribue à la performance de ce système.
Ce fonctionnement m'a permis un gain de temps et d'efficacité dans la gestion quotidienne de nombreux points que je ne réussissais pas à intégrer ou à évaluer : non seulement les productions des élèves, leurs performances, mais aussi les savoir-être, la discipline, le respect des consignes, les devoirs, la gestion du matériel ... En fixant chaque jour des objectifs simples et ciblés sur les difficultés ou problèmes de la classe concernée, des mini-challenges de tous ordres validés par l'obtention des fameux points verts, on reste dans une démarche positive par rapport à l'évaluation, en prenant en compte la bonne volonté, le sérieux des élèves : bienveillance et reconnaissance mettent en confiance les élèves et favorisent certainement leur réussite tout en améliorant l'ambiance de travail.
Merci Marie pour cette bouffée d'oxygène ..."

Dominique Guttin, professeure d'anglais.


« En septembre 2009, j’ai eu la volonté de changer ma façon d’enseigner car je n’en étais pas satisfait et elle ne me correspondait pas. Les cours magistraux que je dispensais me paraissaient encore trop abstraits et trop inaccessibles pour les élèves en difficulté. Suite à une discussion avec une collègue de mathématiques d’un autre établissement, j’ai tenté de mettre mes élèves en îlots de quatre.
Cette nouvelle configuration a vite montré ses limites : les élèves ne se sentaient pas plus impliqués qu’avant, les bavardages étaient constants, seuls les élèves les plus motivés travaillaient, les autres se contentant au mieux, de recopier, au pire, de ne rien faire.
J’ai alors eu la chance d’avoir des échanges très enrichissants avec mes collègues d’anglais qui venaient d’avoir une formation avec Marie Rivoire, professeure d’anglais, qui a développé une stratégie pour évaluer le travail des élèves  en groupes. J’ai assisté à certains de leurs cours qui m’ont complètement bluffé. J’ai donc décidé d’adapter cette méthode au cours de mathématiques.(….)
(…) Les résultats sont immédiats et bluffants.  Les objectifs cités au début de ce document sont rapidement atteints. Il y a une réelle motivation qui s’est installée car chaque élève est actif. Je ne fais quasiment plus de cours magistral. Je fais des synthèses orales régulières avec trace écrite succincte dans le cahier pour faire des bilans de ce que les groupes ont découvert.
La contrepartie, c’est que cela me demande de revoir tous mes documents pour qu’ils permettent une certaine autonomie de chaque groupe, et pour que, si possible, il comporte à la fin un petit cours « à trous » qu’ils peuvent compléter seuls afin de faire un bilan de ce qu’ils ont découvert. Cela consomme donc beaucoup de photocopies.
Un des avantages majeurs est la correction. En effet, le temps des corrections au tableau où un quart (dans le meilleur des cas) des élèves suivent (et souvent pas ceux que l’on souhaite) est fini. Je ne corrige plus au tableau, mais comme je l’ai dit, un cahier par groupe (dont environ 7 cahiers par classe). La meilleure astuce est de signaler le nombre d’erreurs sans les localiser et les laisser se corriger seuls. On repasse une seconde fois pour l’attribution des points verts ! On réinvestit ce temps perdu en classe entière dans du travail de groupe productif  (….). »

David Ceci, professeur de mathématiques.


« C’est lors de mon stage de pratique accompagnée que j’ai rencontré Marie Rivoire. J’assistais à ses cours de 6ème et de 3ème, et à l’issue de quelques semaines d’observation j’ai moi même dispensé un cours. J’avais été agréablement surprise par la méthode adoptée par Marie et son efficacité.
Lorsque j’ai été mutée en région parisienne, j’ai découvert la ZEP ! Mon collège est classé en APV, il fait partie du Réseau Ambition Réussite. Autant dire que mes premières pensées n’ont pas été de mettre les tables en îlots ! Ma salle était petite, je ne connaissais pas encore bien mes élèves, et je pensais que cela ne fonctionnerait pas avec eux: ils étaient trop bavards, trop agités. Ce n’est qu’un mois après la rentrée que je me suis lancée. Un jour, mes élèves sont arrivés et ils ont trouvé leur salle d’anglais chamboulée !
Cette année là j’avais des 6èmes et des 5èmes, et tous se sont montrés très enthousiastes à l’idée de travailler en groupes, d’obtenir une note «facile» grâce aux fiches points verts/points rouges, et, se disaient-ils, de pouvoir bavarder à leur aise !
En fait, les règles ont été très claires dès le début, c’est moi qui ai formé les groupes, et les points rouges étaient là pour sanctionner les problèmes de discipline. Nous nous sommes tous très vite habitués à ce mode de travail et j’y ai trouvé de nombreux avantages.
Tout d’abord, la fiche de points associée à chaque groupe de travail permet aux élèves une auto-discipline assez importante. J’ai des élèves difficiles, et ainsi canalisés par leurs pairs, il me semble qu’ils ont tendance à beaucoup plus vite se calmer que si je devais leur répéter sans cesse de se taire. Tous savent que trop de bavardages ou des chamailleries dans un groupe leur valent un point rouge. La plupart du temps, il suffit que je le leur rappelle pour se calmer. Les autres membres du groupe sont aussi là comme garde-fou. J’ai très souvent entendu des élèves dire à d’autres un peu agités: «tais-toi, on va prendre un point rouge».
En revanche, tous savent aussi qu’un comportement exemplaire dans un groupe peut leur valoir un point vert à la fin de l’heure, et cela m’aide à garder un climat plus agréable dans la classe. Cela encourage évidemment à travailler puisque selon les exercices ou le travail donnés, un certain nombre de points verts sera attribué au groupe.
Il m’est bien sûr arrivé d’avoir à faire à des élèves particulièrement difficiles: Jason était bavard, agité, prenait la parole sans cesse et sans aucun rapport avec le cours, n’avait jamais ses affaires, était plutôt bagarreur...bref, une forte tête !
Je l’avais placé dans un groupe qui fonctionnait bien, où les élèves travaillaient ensemble  et étaient calmes. Jason était le seul élément perturbateur du groupe et les autres élèves l’avaient très vite mis de côté. A chaque «coup d’éclat» de sa part, ils craignaient que je leur mette un point rouge «à cause de Jason». Jason, lui, voulait que je le mette seul, à l’écart des autres. Nous avons donc passé un contrat: il avait le droit de s’isoler à une table, mais il restait membre à part entière de son groupe. C’est à dire qu’il avait le droit de se lever pour aller les voir et demander de l’aide, et tout le bon travail qu’il fournirait rentrerait en compte pour le calcul des points verts de son groupe. En revanche, si son comportement laissait à désirer, il risquait toujours le point rouge !
Notre contrat avait une durée limitée dans le temps. Je voulais qu’il réapprenne à travailler seul d’abord, puis en groupe par la suite. Il fallait donc qu’il réintègre son groupe de travail au bout de deux mois.
Nous avons tous été surpris par la bonne volonté que Jason y a mis. Il s’est mis à travailler avec moi au début. Il fallait que je sois à côté de lui tout le temps, que je confirme qu’il ne se trompait pas, presque que je lui tienne la main ! Au bout de quelques heures de cours, je l’ai envoyé au tableau corriger un exercice. Il était fier ! Il avait eu tout bon et toute la classe l’a applaudi ! Je pense que si nous avions pu continuer ce travail quelques semaines encore, il aurait pu réintégrer son groupe, mais il a été exclu du collège peu de temps après...
J’ai mené la même expérience avec un autre élève quelque temps plus tard. Maxime n’avait pas le même profil que Jason mais il était incapable de travailler avec d’autres élèves. Il voulait être seul, ne comptait que sur lui même et passait son temps à s’énerver contre les autres qui ne travaillaient pas assez vite à son goût. J’ai accepté qu’il s’isole pour faire ses exercices, et lorsqu’il avait fini, il devait préparer une correction: être capable d’expliquer pourquoi et comment il avait fait pour réussir son exercice. Ensuite, il devait réintégrer son groupe pour aider ses camarades si nécessaire. Cela a été assez efficace, et au bout de quelques semaines, Maxime ne s’isolait plus pour travailler: il faisait toujours ses exercices plus vite que les autres, mais dans son groupe, et les aidait gentiment à faire les leurs. J’ai retrouvé Maxime en 5ème cette année et tout s’est bien passé. A présent que le niveau augmente, il sent qu’il a besoin des autres lui aussi et le travail de groupe est complètement intégré.
L’un des avantages indéniables de cette façon de travailler est le gain de temps, et donc de disponibilité que cela m’offre. Je m’explique: lorsque je donne une consigne ou que j’explique un exercice, je le fais à la classe dans son ensemble, puis lorsque les élèves se mettent à travailler, je passe voir mes groupes. A ce moment là, si un élève n’a pas compris, généralement il commence par demander dans son groupe qu’on lui réexplique, ce que les élèves font souvent très bien, avec leurs mots à eux. Si cela n’est pas suffisant, ou si beaucoup d’élèves n’ont pas compris, je viens leur expliquer. A ce moment là, au lieu de m’adresser à un élève, je m’adresse toujours aux 4 ou 5 qui forment le groupe. Je gagne ainsi du temps en ne répétant pas 15 fois la même chose, ce qui peut être  assez usant à la longue ! Et ce temps que j’ai gagné, j’en profite pour le passer auprès d’élèves en plus grande difficulté, ou tout simplement en restant présente et plus patiente pour la classe.
Le travail en groupe tel que je le pratique avec mes classes est donc souvent un gain de temps pour moi, mais également un grand pas vers l’autonomie pour mes élèves. Je les encourage à s’entraider le plus possible, et j’essaye de favoriser le travail de groupe lorsque je prépare mes cours. Par exemple, lorsque l’on travaille sur des images, j’en donne une à chaque groupe, qui doit préparer une petite présentation à la classe. Lorsque l’on fait des brainstorming, je demande à tous de trouver le plus de mots en rapport avec tel ou tel domaine, et j’en fait une petite compétition : le groupe qui en aura trouvé le plus (dans un temps limité) aura droit à un point vert. Lors des compréhensions de l’écrit, il m’arrive de donner un paragraphe du texte à chaque groupe, qui doit en faire ressortir les informations essentielles, avant une mise en commun dans la classe.
Mais le fait de mettre mes tables en îlots n’empêche en aucune façon le travail individuel qui est tout aussi important. Lors de certaines activités, je précise qu’il s’agit d’un travail individuel et les élèves le respectent assez bien. De même, lors des évaluations, je reste vigilante pour éviter des tricheries (inévitables !! même dans une configuration de tables classique) et tout se passe bien dans l’ensemble.
En classe de 4ème cette année, j’ai souvent fait faire des dialogues ou des pairwork à mes élèves, ce que n’empêche absolument pas la configuration de ma classe: chacun choisit son partenaire au sein de son groupe et le travail peut commencer !
Cela va faire 3 ans que je suis dans mon petit collège de ZEP, et que j’applique cette méthode que Marie m’a enseignée. Je n’y vois que des avantages, les inconvénients étant les mêmes que si ma classe était en U ou en configuration classique: agitation, bavardages...on peut difficilement lutter contre à tout instant ! Mon but étant de faire communiquer mes élèves au maximum, en anglais, j’estime que le contrat est rempli ! »

Marie Duchemin, professeure d'anglais.