Travail de groupe, îlots bonifiés, quelles différences?

La question est d’importance, car il y a un monde entre les deux !

Le travail de groupe a toujours existé. Des générations de  professeurs et d’instituteurs en ont, depuis la nuit des temps, exploité les bienfaits pédagogiques. Je ne revendiquerai donc aucune innovation quant au travail de groupe que nous connaissons, et avec lequel j’ai commencé ma carrière.

En effet, dès la première année, j’avais, moi aussi, préféré mettre mes  élèves par quatre autour d’une table, afin qu’ils travaillent en groupes, pour chaque heure de cours.
J’avais donc  installé ma première classe en ilots . J’étais jeune, pleine d’enthousiasme, et très ….naïve !
N’ayant aucune expérience, et aucun moyen de contrôler les bavardages et le bruit qui en suivit, je dus renoncer bien vite à cet idéalisme de débutante.

Pourtant, j’aimais l’idée que les élèves puissent échanger, s’aider, s’écouter…mais comment faire pour que la classe ne devienne pas un champ de bataille, ou que ce soit toujours les mêmes individus qui effectuent le travail à la table ?

Je laissai tomber l’idée pendant de longues années, ne mettant mes élèves à travailler en groupes qu’épisodiquement.
Je me contentai du double « u » qu’adoptent en général les professeurs de langues.

Ce n’est qu’à la suite d’une mutation que je revins sur la question : les élèves rencontrés dans ce nouveau collège me conduisirent à une réaction de survie ! Il fallait que je trouve un système, pour exploiter au mieux l’énergie débordante de ces adolescents en pleine mutation hormonale, tout en les cadrant afin que je puisse continuer à enseigner !

Je passai ainsi toute une partie de mon été à cogiter, et je finis par trouver le dispositif que vous vous apprêtez à découvrir dans mon livre.

Il permet donc :

  • De proposer aux élèves d’aujourd’hui un nouvel espace de vie,
  • De  les mettre en situation d’autonomie, tant sur le point du comportement que de l’apprentissage,
  • De rester en groupes pour toutes les heures de cours,
  • De dynamiser leur activité en classe en bonifiant collectivement le travail  au moyen de points bonus selon la qualité du travail fourni par le groupe,
  • De bonifier leur participation grâce à un marquage par table du nombre de fois que tous les membres du groupe ont participé,
  • De cadrer leur débordement par un système de points malus collectifs ou individuels,
  • De favoriser les interactions au sein du groupe même,
  • De favoriser les interactions « de table à table »,
  • De développer l’entraide devenue indispensable pour la validation des points bonus au sein du groupe,
  • De faire progresser les plus faibles,
  • De lutter contre l’élitisme d’un système français qui s’essouffle,
  • De générer ainsi le travail de tous aux tables,
  • De lutter contre le décrochage scolaire,
  • D’améliorer l’attitude face au travail,
  • D’améliorer les résultats scolaires,
  • Et j’en oublie sans doute, tant le système ouvre des voies inattendues au niveau cognitif également (ce qui se passe au sein des tables est parfois stupéfiant…).

Ceci n’est qu’un aperçu : le livre vous en révèlera encore davantage.

Les îlots bonifiés : on en parle !